Élections présidentielles : Et maintenant, préparer le 3e tour social
Sarkozy et sa clique ont été battus. Mais si la défaite du fossoyeur des droits sociaux apparaît comme un soulagement, nous sommes encore loin du vrai changement.
Il y a d’abord eu les appels du pied au FN durant l’entre-deux tours. Pierre Moscovici, directeur de campagne de F. Hollande et vice-président du lobby patronal Le Cercle de l’industrie, a ainsi
annoncé qu’il comptait « combattre fermement l’immigration illégale ». Ensuite, la posture anti-austérité des socialistes ces dernières semaines ne doit pas faire oublier qu’en novembre dernier
Hollande voulait « donner du sens à la rigueur » et que les engagements du gouvernement en faveur des travailleurs et des travailleuses restent symboliques : pas de remise en question de la loi
sur les retraites, pas de loi sur les licenciements, rien sur les privatisations, etc.
La période qui s’ouvre appelle donc à la plus grande lucidité. Il y a longtemps que le PS est converti au libéralisme et ne propose que de le modérer. A l’heure des choix, il défendra les
intérêts des capitalistes plutôt que ceux des travailleuses et des travailleurs.
Si nous ne voulons pas de l’austérité et de ce monde qui tourne à l’envers, il va falloir organiser la résistance et nous tenir prêt-e-s à riposter quand les promesses électorales feront place
aux mesures de rigueur. Le 2e tour est passé et c’est à présent un 3e tour social qu’il faut préparer : le changement s’imposera par les luttes !
Sarkozy a dégagé, ce qui suscite beaucoup d’espoir au sein des classes populaires. Pourtant dès le soir de son élection, Hollande commençait à souffler que compte tenu de
la conjoncture économique, il allait falloir être “réaliste”. La crise économique en cours va donc rapidement nous mener à l’heure de vérité : austérité de gauche ou changement
réel ?
Début avril, le Groupe CLAF (Conseil Logique Accompagnement Formation) a été placé en redressement judiciaire. L’entreprise toulousaine, créée en 1994, sous-traite certaines des
activités de formation et d’insertion de Pôle Emploi, et emploie aujourd’hui environ 640 salariés sur 252 sites répartis sur le territoire national. Mais derrière cette image d’entreprise
dynamique se cacherait une gestion chaotique : salaires partiellement impayés, missions stoppées en cours de route, moyens insuffisants mis à la disposition des salariés, licenciements pour
faute suspects, absence de communication de la part de la direction… Les salariés demandent des comptes.