VISA : Mariage pour tou-tes : leur « morale », notre égalité
Les lectrices et lecteurs réguliers de VISA auront suivi les diverses brèves et articles concernant le mariage pour tou-tes ces derniers mois. Ce débat n’est pas fini.
En premier lieu, nous nous félicitons du vote de cette loi de progrès social et d’égalité.
Bien que le travail parlementaire soit achevé, le « débat » fait long feu : nous écrivons ces lignes à la veille de la manifestation du 26 mai 2013, pour laquelle la droite et l’extrême droite mobilisent. Les réseaux religieux seront aussi sur la brèche.
Nous ne reviendrons pas dans les détails chronologiques des diverses manifestations, actions, agressions, nuits de débat parlementaire qui ont jalonné cette période : beaucoup d’articles de presse s’en sont fait l’écho, et nous estimons que chacun et chacune est amplement informé-e.
Nous souhaitons cependant donner notre analyse de cette période. Il nous apparait nécessaire de souligner quelques aspects notables dans le champ de la recomposition des droites, la radicalisation de certaines franges à travers ces mobilisations, et, enfin, la place de l’extrême droite dans cette période.
1. Pourquoi une cristallisation sur le mariage pour tous ?
Après la défaite de N. SARKOZY, la guerre de succession est lancée à droite. Le débat sur le projet de loi, présenté en Conseil des Ministres le 7 novembre 2012, est une bonne occasion pour la famille de droite embourbée dans la guerre des chefs de retrouver une unité politique.
Au-delà de cette nécessité interne, il était prévisible que la droite, dans sa grande majorité, et l’extrême droite allaient sortir vent debout contre l’égalité civile.
Nous avons maintes fois, dans les manifestations ou les débats, entendu des discours sur la « destruction de la famille et de la société ».
Les avancées issues des luttes pour les droits des femmes et des personnes homosexuelles en particulier et les droits de l’individu en général (divorce, IVG, droit de l’enfant, dépénalisation de l’homosexualité, reconnaissance civile du couple homosexuel par le PaCS) ont permis une atténuation du poids de la famille traditionnelle.
Historiquement, la droite au sens large défend une conception traditionnelle de la famille.
Cependant, elle se trouve parfois dans l’obligation de céder aux évolutions sociales : c’est d’ailleurs sous des gouvernements de droite, dans les années 60 et 70, que les lois sur le divorce, puis le divorce par consentement mutuel, puis encore l'interruption volontaire de grossesse ont été votées.