Tunisie, Égypte… À qui le tour ?
Face à des régimes autoritaires qui se nourrissent de la misère de la population et entretiennent la corruption, les peuples arabes se soulèvent pour balayer les dictateurs mais aussi pour réclamer la justice sociale et se débarrasser des exploiteurs capitalistes qui s’enrichissent depuis trop longtemps sur leur dos.
Moubarak, la fuite à Charm el-Cheikh
Après Ben Ali, c’est donc au tour du président égyptien Hosni Moubarak, en place depuis 30 ans, d’être poussé vers la sortie. Réagissant à l’obstination et au mépris dont il a fait preuve dans son discours de jeudi soir, des milliers d’égyptiennes et d’égyptiens ont marché vendredi sur le palais présidentiel, le parlement, les locaux du Parti National Démocratique, pour enfin obtenir une démission réclamée depuis 18 jours. Comme en Tunisie, une volonté commune d’en finir a envahi la rue, dans la droite ligne de la vague de grèves déclenchées depuis 2004 par les syndicats d’opposition. Si la révolte est spontanée et n’est téléguidée par aucun parti, cela montre que la question sociale est au centre des préoccupations, et sera centrale dans le tournant politique des mois à venir en Égypte. S’il est vrai qu’une partie de l’armée hostile à Moubarak avait déjà mis le régime sous la menace d’un coup d’Etat, c’est bien un mouvement révolutionnaire populaire qui a eu le geste décisif.
Moins nombreux qu’en Tunisie, les révolutionnaires égyptiens vont désormais devoir se battre pour défendre leurs revendications politiques primordiales : la dissolution du parlement, de nouvelles élections, de nouveaux droits…
Les populations arabes se soulèvent…
On peut espérer qu’ils seront soutenus par les autres foyers de contestation du monde arabe, où partout des manifestations populaires - là où souvent les États sont muets ! - ont salué la victoire égyptienne et exprimé tout l’espoir qu’elle apporte. La vague révolutionnaire de cet hiver 2011 ne s’arrêtera pas là !
En Algérie, Bouteflika n’est pas rassuré : le 12 février a eu lieu une grande marche de protestation pour laquelle le pouvoir a déployé une importante force policière.
En Jordanie, les manifestations se succèdent réclamant « la liberté et la justice sociale ». Le gouvernement a annoncé le déblocage de près 500 millions de dollars mais cela n’a pas calmé la rue et le premier ministre a dû démissionner.