L’Etat sacrifie notre sous-sol aux intérêts capitalistes
Le 30 mai 2010, Jean-Louis Borloo, alors ministre de l’Ecologie vantant haut et fort le Grenelle, signait dans le plus grand secret trois arrêtés autorisant l’exploration de gisements de gaz de schiste dans cinq départements (Ardèche, Aveyron, Drôme, Gard et Hérault). D’autres régions, comme la Seine-et-Marne et la Picardie, sont concernées par l’exploration d’huile de schiste.
Le gaz et l’huile de schiste sont des hydrocarbures dit « non conventionnels » ; emprisonnés dans le schiste, roche située à plus de 2000m de profondeur. Leur exploitation était jusqu’alors trop onéreuse pour être rentable, mais la flambée des prix du pétrole et du gaz conventionnels a changé la donne. Pour les extraire, on injecte dans des puits forés spécialement des millions de litres d’eau sous haute pression mélangée à un détonnant cocktail de produits chimiques. C’est ce que l’on appelle la « fracturation hydraulique ». La roche « fracturée » libère le gaz qui peut alors remonter à la surface.
Ils ne renonceront pas à leurs profits
L’exploitation des hydrocarbures non conventionnels permet de re-évaluer les réserves mondiales en énergies fossiles de 50 à 250% selon les estimations. Ainsi, les multinationales de l’énergie vont pouvoir continuer à accumuler leurs profits faramineux durant de longues années. L’Etat n’hésite pas à privatiser notre sous-sol, bien commun par excellence, pour le plus grand bénéfice de ces capitalistes. Surtout que cette nouvelle possibilité permet de conserver le modèle de société hyper-dépendante aux hydrocarbures. Les gouvernements n’auront donc pas à prendre de mesure courageuse sur les modes de production et la structure énergétique de nos sociétés. Quel soulagement !