Droit à l’avortement : La lutte doit continuer !
35 ans après la loi Veil dépénalisant l’IVG, la réforme hospitalière annonce aujourd’hui un recul important pour le droit à l’avortement. Fruit des luttes, ce droit reste précaire et se voit remis en cause par des logiques comptables servant utilement une réaction morale.
Le droit à l’avortement : une conquête des femmes qui a toujours manqué de moyens
Ce sont les luttes féministes qui ont permis d’obtenir le droit à l’avortement en 1975. Des femmes s’étaient auto-organisées dans des associations pour réaliser elles-mêmes les avortements dont elles avaient besoin, formant ensuite les premiers centres d’interruption volontaire de grossesse (CIVG). Cela avait permis de faire pression sur l’État pour qu’il accorde ce droit. Néanmoins, ce n’est qu’en 1982 que celui-ci est remboursé et donc rendu réellement accessible. En 2001, la loi Aubry propose de nouvelles avancées :
- autorisation de l’information en matière de contraception et d’éducation sexuelle,
- suppression de l’autorisation parentale pour les mineures,
- et allongement à 12 semaines du délai légal.
Dans les faits, nous sommes pourtant loin du compte. L’obligation pour chaque établissement public hospitalier de pratiquer des avortements n’est pas respectée et, d’un centre à l’autre, les délais pour pratiquer une IVG peuvent considérablement varier malgré ce qu’impose la loi. En outre, les hôpitaux privés délaissent souvent l’IVG car l’acte est jugé non rentable et la faiblesse chronique de la formation en matière d’IVG aboutit à une pénurie de médecins le pratiquant. Enfin, l’État n’a jamais été à la hauteur de ses missions, que ce soit en termes d’information ou de moyens pour les CIVG. Ainsi, de plus en plus de femmes doivent attendre plusieurs semaines pour obtenir un rendez-vous et finissent par partir à l’étranger pour avorter.