Alternative Libertaire - Toulouse Alternative Libertaire est une organisation communiste libertaire née en 1991. C'est aussi un journal qui diffuse tout les mois une analyse libertaire sur les luttes et l'actualité.

VISA : La rentrée 2013 de l’extrême droite française

Alternative Libertaire Toulouse

http://www.visa-isa.org/files/Brochure-VISA-pf.jpgPresque 49 % des voix exprimées à Brignoles, dans le Var, au profit de l’extrême droite : ce résultat sonne - une fois de plus - comme un signal d’alerte. Bien sûr, il doit être relativisé et mis en contexte : la participation à ce premier tour d’une élection cantonale, dimanche 06 octobre, a été faible (deux tiers d’abstention). En nombre absolu de voix, l’extrême droite ne progresse guère. Toujours est-il que le risque est fort que cette élection cantonale partielle (re)donne au Front national son unique siège de conseiller général, sous les conditions du mode de scrutin majoritaire : l’élection est donc hautement symbolique. D’autant plus que le scrutin a été annulé deux fois, et a donc lieu pour la troisième fois consécutive. Le FN avait gagné de justesse ce siège, en 2011, avec cinq voix d’avance… puis l’avait perdu, suite à une première annulation, de justesse avec treize voix d’écart, en 2012.
Rivalités à l’extrême droite
Notons, par ailleurs, que l’extrême droite connaît une légère division dans ce scrutin. Si le candidat du FN, Laurent Lopez, réunit 40,4 % des voix sur son nom, un autre candidat d’extrême droite obtient à son tour 9,1 % au premier tour. Il s’agit de Jean-Paul Dispard, ayant été le candidat FN élu (provisoirement) en 2011 sur le siège de conseiller général. A la suite, il fut écarté parce que son profil apparaissait comme « trop dur » et pas assez « dédiabolisé » aux yeux de la direction du parti. Mécontent de son éviction, il s’est présenté sous les couleurs d’un autre parti d’extrême droite, le PdF (« Parti de la France »), fondé début 2009 par l’ex-secrétaire général du FN, Carl Lang. Aux yeux de ce dernier, le FN était en train de devenir trop modéré, avec l’ascension de Marine Le Pen…
Normalement, les résultats électoraux de ce parti groupusculaire sont microscopiques. Si, en l’espèce, son score moins ridicule est surtout dû à des facteurs locaux (la notoriété de son candidat), il permet aussi de tirer un enseignement : le FN n’est pas durablement assuré de demeurer la seule force capable d’occuper le champ d’extrême droite. Au cas où il entrerait en turbulences politiques, suite à des conflits (sur le programme ou sur les personnes) où parce que certains courants trouveraient qu’il fait « trop dans la modération du discours », d’autres forces pourraient grignoter une partie de son espace électoral. On a déjà vu, dans la période récente, des partis importants d’extrême droite se scinder en deux ; comme avec la scission entre FPOe et BZOe en Autriche depuis 2005 (le second voulait être « plus modéré », mais semble définitivement marginalisé depuis les législatives autrichiennes du 29 septembre dernier). Parfois aussi des forces d’extrême droite ont pu supplanter d’autres, comme en Grèce, où le parti néonazi violent « Aube Dorée » a pu occuper en 2012/3 l’espace auparavant tenu par un parti d’extrême droite plus traditionnel et plus « électoraliste », le LAOS.

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