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Meurtre de Clément Méric : Réponse à Pierre Carles

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On connaissait Pierre Carles pour son excellent travail de réalisateur, moins pour son activité de conseiller juridique. Nous avons donc été surpris de le voir se mettre au service de la défense d’Esteban Morillo, dans le numéro de juillet-août de Siné Mensuel. Il y dresse un plaidoyer politique flamboyant en faveur du meurtrier présumé de Clément Méric.
Le numéro titrait en une : « Pierre Carles décortique l’affaire Clément Méric ». En fait de décryptage, on y trouve une piètre tentative d’analyse qui cite Marx et Bourdieu à l’appui d’une argumentation bancale. L’idée générale est de pointer la dimension occultée de lutte de classes dans l’affrontement entre Clément Méric et Esteban Morillo, alors qu’elle existe bel et bien, mais pas là où Pierre Carles croit la déceler. Il saisit aussi l’occasion pour tacler le milieu journalistique, ici encore à mauvais escient. Derrière l’affrontement politique entre militants d’extrême gauche et d’extrême droite se cacherait une guerre sociale entre, respectivement, bourgeois blancs fortement dotés en capital culturel et prolétariat d’origine immigrée forcément ignorant.
Passons sur le fait que Pierre Carles, croyant se distinguer, reprend une rengaine chère à certains mouvements d’extrême droite – à commencer par celui de Serge Ayoub dont faisait partie Esteban Morillo – en présentant les antifascistes comme des bourgeois contre des prolos, assertion loin de la réalité.
Il développe d’abord une conception mécaniste, qui postule que tout prolétaire défend forcément, face à un bourgeois, l’intérêt de sa classe. Si tel était le cas, la révolution aurait déjà eu lieu, mais c’est hélas omettre la question de conscience de la classe, tout aussi importante que celle de l’origine sociale. De fait, en choisissant les rangs de l’extrême droite, en diffusant ses idées de haine des travailleurs racisés et des organisations de la classe ouvrière, Esteban Morillo se faisait le supplétif de la bourgeoisie.
Carles étale ensuite un marxisme mal digéré, qui place Clément Méric dans le camp des exploiteurs, quand celui-ci, fils de travailleurs intellectuels, ne possédait aucun moyen de production et vendait sa force de travail, chez Quick, où il était salarié. Il s’agit enfin d’un mépris de classe, qui postule que si Esteban Morillo n’était pas diplômé, s’il a eu recours à la violence, c’est forcément qu’il appartenait aux « classes dangereuses » que sont les classes laborieuses, qu’il était issu d’un milieu défavorisé impliquant un « handicap de départ » et l’empêchant d’accéder aux armes du langage, ce qui reste à prouver.

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