Alternative Libertaire - Toulouse Alternative Libertaire est une organisation communiste libertaire née en 1991. C'est aussi un journal qui diffuse tout les mois une analyse libertaire sur les luttes et l'actualité.

Le changement ? Imposons-le !

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http://www.alternativelibertaire.org/IMG/cache-190x127/arton4840-190x127.jpgSarkozy a dégagé, ce qui suscite beaucoup d’espoir au sein des classes populaires. Pourtant dès le soir de son élection, Hollande commençait à souffler que compte tenu de la conjoncture économique, il allait falloir être “réaliste”. La crise économique en cours va donc rapidement nous mener à l’heure de vérité : austérité de gauche ou changement réel ?
Le changement, c’est pour quand ?

Il n’y avait déjà pas beaucoup d’engagements dans le programme de Hollande. Il a beaucoup parlé de justice et d’éducation mais souvent en termes flous. Or à peine son gouvernement nommé, il entend déjà revenir sur ses engagements concernant la retraite à 60 ans. Il s’agissait déjà d’une demi-mesure ne revenant pas sur la « décote », instaurée par l’UMP, qui diminue les pensions des salarié-e-s ayant moins de 41 annuités de cotisation. Aujourd’hui Hollande entend en plus ne pas prendre en compte les périodes de chômage et de congé maternité dans le calcul de ces annuités. Autre engagement phare : le non-cumul des mandats. Au final, il se restreint aux mandats de maires ou d’adjoints municipaux. Ouf ! Les notables du PS vont pouvoir conserver leurs postes et les indemnités qui vont avec. Manuel Valls va ainsi pouvoir rester ministre de l’Intérieur, maire d’Evry, président de la communauté d’agglomération Évry Centre Essonne tout en se présentant aux législatives. Quelle « exemplarité » ! De même, quand Hollande annonce « les troupes françaises quitteront l’Afghanistan », il faut comprendre « 1550 militaires sur les 3550 présents resteront sur place ».
Austérité : on résiste ou on se soumet !

Au-delà de ça, il faut que nous restions lucides sur ce qui se prépare. Les patrons sont en train de ressortir les plans sociaux reportés pendant la campagne présidentielle. Air France prévoit 5000 suppressions de poste, Carrefour 4000, PSA 6000, sans compter les innombrables emplois menacés dans les filiales de ces grands groupes. Que vont faire les socialistes face à ces licenciements ? S’opposer franchement au pouvoir patronal ? Ou déclarer que « l’Etat ne peut pas tout » et laisser faire, comme Jospin lors de la fermeture de Renault Vilvorde en 1997 ?
Les marchés financiers semblent en tout cas avoir un avis sur la question : ils ont tout à fait imaginé l’élection de Hollande et parient qu’il va se plier à leurs exigences, ou mieux, qu’il va nous dorer la pilule. De fait, l’exemple de la démission forcée de Papandréou en Grèce, après que celui-ci ait osé proposer un referendum sur les plans d’austérité, montre que les marchés et les technocrates européens à leur service n’hésitent pas à mettre la pression aux gouvernements qui sortiraient des clous. La demi-austérité n’est donc pas possible : soit on rompt avec celle-ci, soit on l’organise.

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