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Carré d'Info : Toulouse : précarité des salariés d’un sous-traitant privé de Pôle Emploi

Alternative Libertaire Toulouse

http://carredinfo.fr/wp-content/uploads/2012/05/formation-597x397.jpgDébut avril, le Groupe CLAF (Conseil Logique Accompagnement Formation) a été placé en redressement judiciaire. L’entreprise toulousaine, créée en 1994, sous-traite certaines des activités de formation et d’insertion de Pôle Emploi, et emploie aujourd’hui environ 640 salariés sur 252 sites répartis sur le territoire national. Mais derrière cette image d’entreprise dynamique se cacherait une gestion chaotique : salaires partiellement impayés, missions stoppées en cours de route, moyens insuffisants mis à la disposition des salariés, licenciements pour faute suspects, absence de communication de la part de la direction… Les salariés demandent des comptes.
Créée en 1994, CLAF a connu une rapide expansion. Très rapide, voire trop pour les salariés : «ils se sont développés à tout va en répondant à plein de marchés publics différents, mais derrière ils n’ont aucune compétence de gestion », estime cette employée. CLAF est une entreprise privée, sous-traitante entre autres de Pôle Emploi. Cotée en bourse, l’entreprise a vu la valeur de son action chuter brutalement: 15,50 euros il y a un an, 2,66 aujourd’hui.
Depuis la fusion des Assédic et de l’ANPE en 2008, Pôle Emploi se concentre sur les fonctions d’orientation des demandeurs d’emploi, et tend de plus en plus à sous-traiter à des entreprises privées ou à des associations la gestion de la branche insertion-formation. Ces entreprises effectuent donc le suivi des demandeurs d’emploi, leur proposent des ateliers CV et des entraînements aux entretiens d’embauche. Selon Le Canard Enchaîné du 9 mai, en 2010 Pôle Emploi aurait ainsi sous-traité pour 440 millions d’euros de prestations à des opérateurs privés comme CLAF, et 320.000 chômeurs auraient été « accompagnés » dans ce cadre entre 2009 et 2011.
Salaires et frais professionnels impayés

Les salariés de CLAF et l’Union Locale CGT Toulouse Sud se sont retrouvés ce matin devant le siège administratif du groupe pour exprimer leur colère et demander des comptes aux patrons. Ils remplissent leur mission pour un salaire loin d’être mirobolant : 1676 euros bruts par mois, 1300 nets. « On œuvre dans l’insertion et on est dans la précarité, autant que les jeunes ou les chômeurs qu’on aide », s’agace une salariée, amère.
Le 29 mars, ils ont reçu un mail de la direction leur notifiant des « problèmes de paiement des salaires ». « Ils nous disaient qu’on n’allait pas être payés le lendemain, raconte Nicole Agudo, du bureau de Dax. Qu’on n’allait recevoir que 30% de notre salaire d’avril, et finalement notre salaire de mars nous a été versé le 20 avril par le Fonds National de Garantie des Salaires. » Autre problème selon eux, les frais professionnels (restauration, déplacements, hébergement) : alors qu’ils sont amenés à se déplacer sur de longues distances pour leurs missions, les salariés doivent avancer les frais qui sont remboursés avec deux ou trois mois de retard. Lorsqu’ils le sont. L’entreprise refuserait en effet de les prendre en charge. Conséquence: certaines formations ne peuvent être dispensées. « C’est un énorme mic-mac, ils font tout pour économiser sur notre dos, s’énerve cette employée. Il y a toujours un truc qui fait qu’ils ne veulent pas payer. »

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