Alternative Libertaire - Toulouse Alternative Libertaire est une organisation communiste libertaire née en 1991. C'est aussi un journal qui diffuse tout les mois une analyse libertaire sur les luttes et l'actualité.

Communiqué suite à la manifestation du 21 mars.

Alternative Libertaire Toulouse

Samedi 21 mars dans le cadre d'une mobilisation internationale, une
manifestation contre tous les racismes et le fascisme était organisée à
Toulouse. Les manifestantes et manifestants ont joué le jeu et déposé le
parcours en préfecture une semaine avant la manifestation. Le parcours
initial, qui devait se terminer à Esquirol en centre ville, a été interdit
et un parcours alternatif se terminant à Saint Cyprien a été discuté entre
les manifestantes et manifestants et autorisé par la préfecture.

Malgré cela, la veille de la manifestation, vendredi 20 février, des flics
en tenue sont entrés dans les magasins de Saint Cyprien pour prévenir les
commerçantes et commerçants qu'une « manif Sivens », non autorisée et
probablement violente, aurait lieu le lendemain et qu'ils devraient se
préparer à fermer boutique en cas de débordements. Ou comment créer de la
tension là où il n'y en a pas... La Dépêche du midi fidèle à elle même
publiait le jour dit (samedi 21 février) un scandaleux article sur la soi
disant violence des manifestantes et manifestants, avant même que le
défilé ne commence. L'article étant illustré par une photo de la
manifestation pour les ZAD du 21 février où des vitrines avaient été
brisées, ce que le journal ne manque pas de rappeler, mentionnant même le
coût des dégâts.

Est-ce que le journal aura le même soucis du détail pour chiffrer le coût
sensément astronomique du déploiement policier de la manifestation du 21
mars ? Combien auront coûté les centaines de CRS, les dizaines d'agents de
la BAC, le déplacements de camions avec grilles anti émeute et même avec
canon à eau ? Tout ça pour encadrer trois cents manifestantes et
manifestants, dynamiques certes (entonnant slogans, chansons etc) mais
certainement pas « violents ». Il n'y a même pas de tags à déplorer !

C'est sans doute la déception de n'avoir pas pu attraper de « casseurs »
qui aura poussé les baqueux à effectuer un contrôle d'identité très musclé
à la fin de la manifestation, visant essentiellement les personnes
cagoulées qui assuraient le service d'ordre (avec pour mission principale
de protéger la manifestation de la flicaille...). Mais tout le monde a
tenu bon face à ces provocations policières, et la manifestation s'est
dispersée tranquillement et en toute sécurité, sous l’œil tantôt moqueur,
tantôt hostile de la police.

Nous dénonçons un encadrement disproportionné de la manifestation du 21
mars, et plus largement le traitement policier des manifestations depuis
la mort de Rémi Fraisse en octobre dernier . En effet, sous prétexte de la
colère qui s'exprime légitimement depuis cet assassinat, le centre ville
est fermé à toute manifestation, et nous sommes forcé-e-s de défiler sous
bonne garde. C'était le cas le 21 mars, mais également le 7 mars pour la
manifestation féministe, pendant laquelle en plus de subir la répression
policière il a fallut se coltiner le sexisme et l'anti-féminisme primaire
des flics. À un moment où les manifestations sont de moins en moins
massives, ce dispositif policier effarant ne fait qu'empirer les choses en
dissuadant des personnes non militantes de se rendre aux manifestations.

Il est d'autant plus écœurant de voir un tel déploiement policier, quand
on sait ce que cela coûte et que l'on nous martèle par ailleurs qu'il n'y
a plus d'argent dans les caisses pour justifier, par exemple, trois
milliards d'euros d'économie dans le service public hospitalier.

Enfin, il est insupportable qu'à chaque manifestation, les militantes et
militants soient soupçonné-e-s de violence, alors que les flics peuvent
tuer, mutiler, violer, tabasser, contrôler, en étant presque
systématiquement lavé-e-s de toute culpabilité. On voit bien que la
défense de la liberté d'expression endossée par les politiciennes et
politiciens en janvier dernier n'était qu'une posture de façade, et
surtout était la défense d'une expression qui va dans leur sens.

Alternative libertaire Toulouse

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